Les effets positifs avérés du cannabis

shutterstock_768440986

Crème, huile, succédané de tabac: les moyens de consommer du cannabis légal sont nombreux. Alain, étudiant à l’Unil en biologie, préfère l’inhaler via un vapoteur à raison de quatre fois par semaine. «Il n’y a pas de nicotine, peu de THC, et plus du tout cette sensation d’addiction physique. Le vapo produit peu de fumée, ce qui préserve les poumons.»

Les consommateurs de ce nouveau type de cannabis mettent à mal les clichés sur les fumeurs de joints. Des sportifs de haut niveau ont contribué à populariser le CBD, tel l’américain Nate Diaz, athlète en sport de combat, qui dit l’utiliser comme relaxant musculaire, le produit passant les contrôles antidopage.

Alexandre, étudiant à l’EPFL, en fume pour améliorer son sommeil et réduire sa consommation de cannabis. De un à trois joints par jour, il est passé à trois prises de CBD par semaine. «Cela fait deux semaines que je ne fume plus que ça. J’avais déjà essayé des substituts, mais il n’y avait pas le goût et l’odeur. Là, tu sens que c’est de l’herbe, tu conserves le plaisir, sans la défonce.» De fait, comme le souligne le rapport de l’OFSP le cannabidiol n’est pas une molécule «enivrante», contrairement au TCH présent en grande quantité dans l’herbe illégale.

«Une consommation responsable»

Pour le Lausannois de 24 ans, le problème du THC, c’est qu’il agit surtout sur le cerveau: «Le CBD, lui, n’est pas psychotrope, il procure uniquement une détente musculaire.» Un plus pour la concentration, la mémoire à court terme et l’intégration dans une activité sociale. Alexandre n’hésite pas à en parler autour de lui, car à ses yeux il s’agit d’une «consommation responsable». D’autant plus que, ce chanvre étant légal, son origine et sa qualité sont mieux contrôlées. «C’est souvent bio, traçable, je peux remonter toute la chaîne de production et savoir ce que je consomme.»

Le président de l’association genevoise Alternative Verte, Nicolas Chanussot, souligne l’importance de cette traçabilité: «Sur le marché noir, le cannabis est frelaté. Avant, les dealers y ajoutaient de la fibre de verre pour le rendre brillant. Avec le CBD, on contrôle tout.» Depuis dix ans, Alternative Verte a pour objectif d’informer sur l’utilisation de plantes médicinales, comme le cannabis, pour une application thérapeutique.

Swissmedic, qui contrôle l’autorisation des produits thérapeutiques, interdit aux vendeurs de donner des conseils médicaux. L’organisation indique que le canabidiol pourrait avoir des effets antioxydants, anti-inflammatoires, anticonvulsifs, antiémétiques, anxiolytiques, hypnotiques ou antipsychotiques. Mais selon l’OFSP «son effet médicinal n’est pour l’instant pas assez avéré par la recherche».

 

« https://www.letemps.ch/suisse/2017/03/16/consommateurs-cannabis-legal-cest-plaisir-defonce, (11/12/17)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

16 − 5 =